Vers un monde sans Black Friday ? 🛒

Chaque annĂ©e, on assiste au mĂȘme spectacle : des images de centres commerciaux dĂ©valisĂ©s par des consommateurs quasi en transe et qui s’arrachent des Ă©crans plats, des consoles de jeux et autres objets technologiques. Au mĂȘme moment, l’industrie textile jette 4 millions de tonnes de vĂȘtements et en vend 5 millions en Europe. Saviez-vous que la production d’un seul jean peut demander jusqu’à 11 000 litres d’eau ? 😯
Plus les annĂ©es passent et plus l’hystĂ©rie grandit đŸ€‘

En France, le vendredi du Black Friday gĂ©nĂ©rait 103 millions d’Euros en 2019, et cette annĂ©e encore, alors mĂȘme que les commerces sont encore fermĂ©s Ă  l’heure oĂč nous rĂ©digeons cet article, nous savons que la plupart des consommateurs ne pourront pas rĂ©sister Ă  cet appel de l’achat compulsif. Black Friday, Cyber Monday, Crazy Week, etc., les offres promotionnelles se multiplient chez les grandes enseignes pendant que les petits commerçants espĂšrent avoir la chance de rouvrir sans trop de casse đŸ›ïž

En effet, le Black Friday est depuis quelques annĂ©es accusĂ© en France de favoriser l’achat de biens Ă  outrance sur les plateformes de grandes enseignes, au dĂ©triment d’une consommation locale et responsable. En cette deuxiĂšme pĂ©riode de confinement, la lutte contre la surconsommation et pour la consommation locale a encore plus de sens.

Depuis 2017, la rĂ©sistance s’organise ! ✊

Le collectif Green Friday, créé par le réseau de recyclage et reconditionnement ENVIE, prend le contre pied du Black Friday et dit stop à cette surconsommation. Son but ? Dénoncer la logique de surconsommation que le Black Friday représente et sensibiliser les citoyens aux enjeux environnementaux et sociaux liés au systÚme de consommation.

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Quelles alternatives ? đŸ€·â€â™€ïž

L’alternative la plus connue est sans doute celle du Green Friday, une campagne qui se tient le dernier vendredi de novembre, soit le mĂȘme jour que le Black Friday. Ce collectif français invite les consommateurs Ă  adopter un mode de consommation plus “green” en rĂ©parant plutĂŽt qu’en jetant, en achetant local et en privilĂ©giant les produits labellisĂ©s. Pour fĂ©dĂ©rer les français, le collectif a lancĂ© le #GreenFridayChallenge qui consiste Ă  proposer chaque jour un dĂ©fi pour changer leurs habitudes de consommation.

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Dans la mĂȘme veine, on peut Ă©galement citer le Circular Monday qui a lieu chaque annĂ©e le lundi prĂ©cĂ©dant le Black Friday. NĂ©e en 2017 chez nos amis SuĂ©dois, cette campagne a pour slogan : “RĂ©utiliser, recycler et louer”. Elle invite Ă  favoriser une Ă©conomie circulaire en refusant le neuf pour le plus grand bonheur de Vinted, Le Bon Coin et autres plateformes de produits d’occasion.

Enfin, 2019 a vu naßtre le collectif Make Friday Green Again qui propose de redonner du sens à la consommation et de faire du dernier vendredi du mois de novembre un jour normal. Le collectif réunit plus de 700 marques (Nature & Découvertes, Aigle, Respire, Avril, Tediber, Marius Fabre, etc) qui ne participeront pas au vendredi noir cette année. A la place, elles encouragent des modes de consommation plus raisonnés, à consommer moins mais mieux et à privilégier ce dont nous avons vraiment besoin.

70_ des français veulent consommer autrement

Depuis quelques jours, les communiquĂ©s de presse qui annoncent le renoncement au Black Friday se succĂšdent et sont partagĂ©s par des entreprises parfois inconnues. Il est tentant en effet de s’engager dans le collectif pour se (re)donner une image sociale et environnementale. S’il est lĂ©gitime de s’interroger sur la sincĂ©ritĂ© de certains membres qui pourraient y adhĂ©rer pour de mauvaises raisons, Make Friday Green Again c’est aussi une autre façon de sĂ©duire de nouveaux clients, par des valeurs environnementales et non des prix sacrifiĂ©s.

5 raisons de ne pas cĂ©der au Black Friday ❌
  1. Son impact sociĂ©tal et environnemental dramatique : sur le podium des achats du vendredi noir, on retrouve sans surprise la mode et les produits high-tech. Un vĂ©ritable problĂšme qui entraĂźne une surproduction boulimique en ressources polluantes et/ou non renouvelables 💹
  2. Les produits que nous jetons sont souvent rĂ©parables : la fiĂšvre du vendredi noir reprĂ©sente une Ă©norme source de gaspillage. Nous achetons 60% de vĂȘtements en plus qu’il y a 15 ans, pourtant chaque piĂšce achetĂ©e est conservĂ©e deux fois moins longtemps. Avez-vous pensĂ© Ă  privilĂ©gier la qualitĂ© des produits français ? đŸ„–
  3. La fĂȘte aux arnaques : UFC Que Choisir et d’autres associations luttent contre ce qu’elles jugent ĂȘtre une arnaque marketing. La majoritĂ© des promotions affichĂ©es ne seraient pas rĂ©elles puisque le prix de base d’un produit, Ă  partir duquel est calculĂ©e la rĂ©duction, est dĂ©fini par le commerçant lui-mĂȘme. Les prix de dĂ©part seraient artificiellement gonflĂ©s avant l’opĂ©ration promotionnelle pour donner l’impression de proposer des offres faussement WAHOU ! đŸ˜Č
  4. De plus en plus d’entreprises rejoignent les mouvements Ă  l’encontre du Black Friday : De grands noms du commerce profitent de l’évĂ©nement pour lier leurs ventes Ă  des actes de consommation responsable, comme des dons Ă  des Ɠuvres caritatives par exemple.
  5. Surconsommer ne vous rendra pas plus heureux : de nombreuses Ă©tudes dĂ©montrent qu’une fois nos besoins primaires satisfaits, tout ce que l’on consomme en plus n’apporte pas de bonheur supplĂ©mentaire. Non, ces chaussures achetĂ©es l’an dernier car “elles Ă©taient Ă  -50%”, qui sont au fond de votre placard et que vous n’avez jamais portĂ©es ne participent pas Ă  votre bonheur 👟
L’idĂ©e n’est Ă©videmment pas d’arrĂȘter de consommer mais bien de redonner Ă  l’acte d’achat la place qu’il a perdue dans notre sociĂ©tĂ©. ArrĂȘter de surconsommer, faire marcher des filiĂšres vertueuses pour l’environnement ou encore privilĂ©gier les circuits courts, c’est ça une consommation responsable.